Ramer pour des ramen

Une soupe-bouillon, des bons légumes, des nouilles, un oeuf mariné: ça slurp!

On était à deux doigts de la crise l’autre soir. Je vous dresse vite fait le tableau. Une journée bien bien pourrie dans une semaine bien bien sombre. Un soir gris, il fait nuit à 15h00, un retour détrempée à la maison, trafic sur la route, miettes sur la table, courses à ranger, moutons de poussière dans tous les recoins de l’appartement. Une sorte d’hésitation mi-figue, mi-figue, entre le rire hystérique et la crise de larmes. J’avais enfilé mon training moche et mou, le cheveu à la fois gras et humide, la cerne profonde des mauvais jours et j’espérais qu’on en finisse. Du genre, un bol de soupe et hop au lit. Mais…

Mais je me suis souvenue que je n’avais point écrit de post sur ce blog depuis des lustres et quelques brouettes. La culpabilité était trop forte. Alors j’ai décidé de transformer la soupe vite faite en une nouvelle entrée sur cette page. Conséquence: obligation de dressage (sinon, franchement j’aurais slurpé le jus à même la casserole), lumière, photos à l’iphone, repas tiède. Dans toute cette mise en scène, j’en oublie l’homme avec qui je partage ma vie.

Un homme d’une bonté et d’une sainteté qui, en ces semaines de tracas professionnels, a dû lustrer son auréole avec assiduité (chéri si tu me lis…).

Ce soir là, il était tendre. Pendant que j’éminçais, il m’enlaçait. Pendant que je touillais, il m’embrassait. Je bougeais un bras, j’avais le sien en ricochet. Il soufflait dans mon cou. Près, tout près, trop près, collé-serré. Avant cette remarque: « Tiens t’as un bouton sur le nez ». C’était le commentaire de trop. Mon ego irrité n’a pas supporté. Je lui dis que « je suis au courant merci » d’un petit ton de mégère aggressive, puis lui demande un peu d’air le temps de dresser le bol de ramen. Il s’éloigne puis m’interpelle, un cri dans mon dos: « Attrape! ».

Tous ceux qui me connaissent le savent. On ne me dit jamais « Attrape »!. C’est une illusion. Un ordre absurde. J’ai deux mains gauches. Des bras comme des rames, la dextérité d’un poulpe amputé, je suis unhybride, entre Rantanplan et un teletubbies.

L’objet volant non identifié était un avocat. Il a effectué une courbe ascendante en ma direction, à une vitesse non proportionnelle avec mes aptitudes. Mes bras son restés ballants, ma bouche ouverte, mes yeux comme deux ronds de flan. Le fruit a poursuivi son vol, avant d’atterir dans un splash conséquent dans le bol de ramen. Y avait du bouillon chaud sur mon t-shirt, des feuilles de coriandre sur le carrelage et les ramens ressemblaient à un nid après le passage d’une tornade.

L’homme qui partage ma vie a survécu, mais de peu.

Bon appétit!

Ramen et oeuf mariné

(inspiré par l’épisode 4 de Chef’s Table, une docu-série sur Netflix, sur l’américain Ivan Orkin, propriétaire et chef des Ivan Ramen à New York)
  • Un gros oignon jaune, pelé et émincé
  • trois gousses d’ail, écrasées et émincées
  • deux carottes, pelées et coupées en rondelles
  • 1/3 de chou chinois, émincé finement
  • 1/2 poireau, émincé finement
  • 1 à 2 grosse cuisse de poulet
  • 1 anis étoilé – facultatif
  • 1 petit piment, en rondelles
  • 1 cm de gingembre, pelé et rapé
  • de l’eau
  • un cube de bouillon de poule
  • 2 cs de sauce soja
  • quelques grains de poivre
  • des ramen (nouilles déshydratées aux oeufs ou des nouilles soba, ou ce que vous trouvez!)
  • Pousses d’épinard – facultatif
  • Coriandre ciselée
  • 1 cuillère à soupe de sésame noir / 1 cuillère à soupe d’oignon frit (facultatif)
  • 2 oeufs
  • 2 cs de mirin (on en trouve dans les grands supermarchés au rayon asiatique) et 2 cs de sauce soja

Cuire les deux oeufs dans de l’eau bouillante pendant six minutes exactement. Sortir les oeufs de l’eau et les refroidir dans de l’eau glacée. Les peler délicatement. Ils sont encore mollet, gare à vous si vous les percez. Dans un bol ou un sachet hermétique, verser le mirin et la sauce soja et ajouter deux cuillères à soupe d’eau froide. Mettre les oeufs pelés entiers à mariner dans ce mélange pendant deux-trois heures. Je les ai fait la veille, c’était plus simple.

Faire revenir à sec le poulet dans une casserole, côté peau. Quand il est un peu brûlé, ajouter l’oignon, l’ail et le piment dans le gras rendu par sa peau.

Ajouter les légumes et le gingembre et laisser suer jusqu’à ce qu’ils commencent à attacher dans la casserole.

Ajouter l’eau à hauteur et le cube de bouillon. Bien gratter pour décoller les sucs et la peau de poulet qui a attaché au fond de la casserole.

Ajouter la sauce soja, les grains de poivre, l’anis étoilé.

Laisser cuire 1 heure.

Sortir le poulet avec une écumoire, ôter et jeter la peau bouillie, effilocher la chaire et réserver.

Dans un bol, dresser les nouilles cuites à part dans de l’eau bouillante, comme indiqué sur le paquet, et égouttées. Verser dessus la soupe (vous pouvez la passez si vous voulez un bouillon clair, mais moi j’aime bien les légumes cuits…), ajouter une poignée de pousses d’épinard et ou de la coriandre ciselée, la chaire poulet effilochée, et un oeuf mariné coupé en deux dessus. Ajouter le sésame et l’oignon frit (et si vous voulez un rien de sauce forte). Slurpez-moi ça!

Enjoy!

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2 réflexions sur “Ramer pour des ramen

  1. ça a l air bien bon c’te recette mais dis, tu nous avais pas annoncé l arrivée prochaine sur ton blog des espèces d’escargots scandinaves à la cannelle? Sivousplaiiiiit 🙏🏻 À part ça merci de partager comme ça tes recettes, je ne laisse pas souvent un message mais je vais souvent voir tes nouveaux posts et me marre bien avec tes aventures, notamment quand ça finit comme avec ces pauvres ramen 🤣🤣 Becs!

    • Les kanelbullar (alias les espèces d’escargots scandinaves à la cannelle) c’est pour très vite, promis! Merci Valentine pour tes mots sympas! ça me fait super plaisir de savoir que tu me lis et que tu te marres 🙂
      Becs

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