Panna cotta au yoghourt, camomille et coings pochés

Un petit goût de camomille, quelques coings fondants, un sirop yummy: dessert d’automne.

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Il fait nuit tout le temps, c’est normal? C’est vite vu, je propose d’hiberner en attendant le printemps. A défaut, vu que nous sommes peu nombreux à pouvoir réaliser ce fantasme, et vu que vivre sous une couette géante ne rapporte pas beaucoup de sous, je multiplie les occasions de me faire du bien. Le cocooning, les hammams, les spa, et ouais, de temps en temps un chaï gourmand. Je reviens d’une nuit magique, petit-déjeuner royal dans un palace somptueux des bords du Léman.

Dans le genre spa/hammam, je ne sais pas si vous connaissez celui de Berne, l’Oktogon? Un lieu d’exception, une tour en bois bâtie sur les bords de l’Aar, à l’ombre du palais fédéral: la majesté même, élégance sobre, atmosphère paisible, odeur envoûtante, calme zen…sauf si vous y êtes en même temps que moi et mon rire de hyène hystérique. C’est bien simple, l’Oktogon, c’est le lieu de mes plus grands fous-rire. Je pense que cette prestation n’est pas comprise dans la carte et le prix de l’entrée, mais sincèrement, j’y ai vécu les plus immenses happening solitude de mon existence. Merci Berne!

La première fois que je m’y suis rendue, accompagnée d’une amie qui le testait également pour la première fois, nous nous y étions innocemment pointées avec un bikini dans le sac. « Nein » a dit la charmante germanophone de l’entrée. Nous avons compris, à son schwitzerdütsch rapide, qu’il fallait entrer nue, enroulée chastement dans une fouta, et suivre les indications salle après salle. Je ne sais pas si vous connaissez ma silhouette mais je ne confierai ici qu’une chose: la fouta, sur moi, fait office de mouchoir.

Pleine de bonne volonté et donc, pour moi, peu vêtue, nous passons dans la première pièce, un hammam, bain de vapeur chaude. Après 15 bonnes minutes, joie, nous nous décollons des bancs en faïence dans un grand bruit de succion, toujours immensément glamour. Rouges et suantes, nous passons à la seconde pièce. 5 m2 réservé au gommage. Il y a un gant de crin, du savon noir, frotte Lucette! Nous sommes en pleine ablution, en tenue d’Eve, quand la porte s’ouvre. Stupeur. C’est un homme. Format chipendale. Nu comme un ver.  Son ver nu, donc. Nous sommes perplexes. « C’est pour moi? Cadeau? » murmure-je au comble de l’incrédulité à mon amie. Non. Il se trouve juste que le hammam est mixte et que personne ne nous avait mise au courant. Alors que Ken se gomme l’épiderme, nous tentons de ne pas céder à la tentation du gloussement. Echec. On fuit, mortifiée tandis qu’Apollon rougit.

Hop un saut dans le bassin central pour se remettre les idées en place. C’était oublier qu’en guise de maillot, nous ne sommes recouvertes que d’un morceau de tissus, qui instantanément se transforme en nappe et flotte à la surface de l’onde pendant que mon corps absolument nu se révèle aux yeux de tous.

Dernière épreuve, le Rhassoul. Voilà ce que dit le site: « Les initiés ne jurent que par le rhassoul pour les soins du corps naturels. Entouré(e) de vapeur, vous appliquez cette argile marocaine sur votre corps et la laissez agir dans une pièce réservée à ce soin ». La pièce est borgne. Un banc de pierre. On entre, et la lumière s’éteint. On couine. C’est normal nous rassure-t-on. C’est, parait-il, pour profiter de ce moment de calme en toute plénitude. Dans les faits, c’est l’enfer. Recouverte d’argile, bizarrement vous êtes aussi glissant qu’un personnage en slime. Impossible de rester posé sur le banc, votre corps ondule, flasque et mou le long de l’assise. Du coup, il y a du rhassoul sous vos pieds et vous patinez sur le sol, comme dans holiday on ice mais sans tutu. On s’agrippe comme on peut, hilares. Dans l’obscurité complète, on tente de retrouver le banc et de s’y hisser tant bien que mal. Le rhassoul coule dans les yeux, nous voilà aveugles et suffocantse dans la chaleur moite qui augmente de minute en minute. Le supplice se termine quand les bondes du plafond se mettent soudain à gicler une pluie de gouttelettes et que la lumière enfin se rallume. Je crois qu’on nous a entendu rire jusqu’à la réception. Bref, le hammam n’est pas forcément un endroit de détente. Il peut aussi se transformer en parc d’attraction. A conseiller pour ceux qui sont en mal de gaité!

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Panna cotta au yoghourt, camomille et coings pochés

Pour 6 (selon une idée du magazine Bon Appétit)

A réaliser la veille ou, au minimum 8h00 avant.

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Pour la crème:

  • 5,5 dl de demi-crème
  • 220 g. yaourt grec entier
  • 30 g. de sucre
  • 1 pincée de sel
  • 3 sachet de camomille (ou 2 grosses pincées de camomille séchée)
  • les grains d’une demi gousse de vanille
  • 6 feuilles de gélatine

Pour les fruits:

  • 2 beaux coings
  • 4 sachet de camomille
  • 55 g. de sucre
  • les grains d’une demi gousse de vanille
  • 2 belles pelure de citron bio (le zeste donc que vous pouvez laissez en languette)

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Peler les coings, les débiter en quartier (8) épais. Dans une petite casserole, verser un peu d’eau (à peine assez pour immerger les quartiers de fruits), ajouter la vanille, les zeste de citron, le sucre et la camomille. Plonger les fruits dans le mélange et les pocher dans l’eau frémissante pendant une bonne heure, à couvert.

Pendant ce temps, mettre les feuilles de gélatine dans un bol avec de l’eau froide pour les faire ramollir.

Dans une casserole, verser la crème, ajouter le sucre, les grains de vanilles et la gousse, la camomille, le sel et le sucre. Monter à ébullition, puis laisser infuser pendant 30 minutes. Egouter la gélatine et la dissoudre entièrement dans le liquide encore chaud. Si la crème n’est plus assez chaude, la réchauffer un peu. Une fois tiède, ajouter le yoghourt grec.

Couler le mélange dans des ramequins ou des verres ou des verrines et hop au frigo. Pendant 8h00 minimum, ou pour le lendemain.

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Sortir les coings pochés et les réserver au frais. Monter le feu et faire réduire le sirop de moitié. Réserver au frais. Avant de servir, ou dès que la crème est prise, déposer quelques quartiers de coings et quelques cuillères du sirop sur l’ensemble.

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2 réflexions sur “Panna cotta au yoghourt, camomille et coings pochés

  1. Souvenir d’un lieu magique effectivement….et le massage aux bulles de savon ? Mon coup de coeur là-bas ! Moins propice aux grands moments, mais sais-tu que le mardi, de mémoire, c’est non mixte ?

  2. Ha Ha Ha! Non, j’ignorais qu’il y avait des jours non mixtes mais en même temps, comme je ne savais déjà pas que c’était mixte… Cela dit, maintenant que je suis au courant, je m’en fiche complètement! C’est l’effet de surprise qui est déroutant!
    Me réjouis déjà d’y retourner: je n’ai jamais fait le massage aux bulles de savon.

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