Soupe à la tomate

Une souplette rouge de plaisir, tomates et petits piments pour lutter contre le chaud par le chaud.

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C’est une soupe rouge. De plaisir, certes, mais aussi rouge de honte. Je m’empourpre facilement, j’ai le capillaire sensible. Un mot, un regard, une émotion, un instant de vergogne et hop, je vire fraise ou betterave, un truc bien soutenu qui me vrille le teint. Si vous voulez juste lire la recette et pas le compte rendu de mes jours de honte, scrollez avec votre index, vers le bas de la page.

Dernièrement, il m’est arrivé quelques, humm…comment dirais-je: soucis de confections? En anglais, sur les tapis rouges, on parle volontiers de Wardrobe malfunction pour dégoiser sur une star qui exhibe sa culotte ou son sein, oooops, devant l’objectif d’un photographe ou les mille paires d’yeux de la foule. Mon avantage sur les VIP? Tout le monde s’en contrefiche: personne ne me photographie (ciel!), et la foule regarde par dessus mon épaule (ouf!). N’empêche. J’ai dernièrement constaté que mon héritage maternel prenait de l’ampleur. Ma mère est une coutumière de l’habit à l’envers, toute étiquette dehors, de la chaussette dans le pantalon, et même, oui, vraiment, des chaussures différentes. Et là, je ne dis pas qu’elle a enfilé deux mocassins identiques de teinte vaguement similaires. Non, elle est une fois partie en soirée avec une ballerine plate et une chaussure à talon. Ne me demandez pas comment elle ne s’en est rendu compte qu’une fois en plein cocktail. J’imagine que c’est en regardant pencher son champagne…

Bref, en digne (et fière) fille de ma mère, j’ai vécu il y a peu deux épisodes embarrassants. Le premier, plage de Pornic, un week end de juillet, l’océan à 17°C, une poignée d’intrépides dans l’eau, la populace sur le sable chaud. Il y a des enfants et leur freesbee, un chien, quelques retraités en Kway, un acteur français en short et à vélo. Et nous. Une bande de potes en goguette, un lendemain de mariage. Il y a du lendemain d’hier dans l’air et personne ne veut m’accompagner pour une baignade. Ils préfèrent tous la sieste à la trempette. Tant pis j’y vais. Je me change vite fait dans les toilettes publiques. Il n’y a pas de lumière, je suis en équilibre sur mes orteils dans mes tongs pour ne pas toucher le sol, ne pas toucher le mur, ne pas toucher la cuvette. J’enfile mon maillot et jaillit dans la lumière. Direction l’onde. Je suis à mi-plage, en bikini alors que tout le monde est vêtu, chaloupant dans le sable irrégulier quand je sens comme un truc étrange. En bas. Vous savez: plus bas, quoi. Et ouais, le truc qui me chatouille l’entre cuisse, c’est la doublure de mon bas de maillot.  Normal, vu que donc, j’ai enfilé le bikini à l’envers, étiquette apparente et protège slip au vent, en tissus moche blanc sur le turquoise de ma tenue de sirène. A ce stade, deux solutions. Je suis Usain Bolt, et tel l’éclair, j’atteins l’océan en moins de temps qu’il n’en faut pour dire ouf. Option deux, je suis moi. Et donc je marche cuisses serrées, genoux en dedans, fesses crispées,  aussi vite que me permet ma nouvelle démarche. Je suis rentrée dans l’eau glacée sans respirer, et j’ai changé mon maillot immergée, en priant pour qu’un courant marin océanique ne m’arrache pas ce qu’il me restait de dignité. Le tout, face à deux Mitch Buchanon des plages, en parka, qui me regardaient goguenard et malgré tout vaguement inquiet: « pourvu qu’elle se noie pas, celle-là, l’eau est froide ». J’ai eu chaud aux joues.

L’autre moment de honte, c’est la semaine dernière. Il fait torride en Helvétie, je me vêts aussi légèrement que possible pour rester professionnelle en toute circonstance. Robe chemise, sandales de fille. Je pars en direction de l’hôpital, pour une interview de deux médecins, pour un sujet santé. J’ai mon sac en bandoulière, mon calepin et mon stylo dans la main, je suis Bridget, pas encore Jones. Interview: check. Je me dis: « J’assure! ». Sur le moment tout semble normal. Je remballe, remets mon sac, marche pour rejoindre la rédaction. Et là, au passage piétons, une dame me dévisage. Regard insistant sur ma zone poitrinaire. D’ailleurs je me sens ultra bien, fraîche, même. Cool, en gros. Si cool, que c’en est suspect. Un bref coup d’oeil vers mon décolleté et je me fige. Les boutons de ma robe se sont ouverts, je suis en soutien-gorge et peau jusqu’au nombril. Avec juste, sac oblige, une lanière de cuir au travers des deux seins. Et là, la question me taraude encore: étais-je déjà nue, à l’heure de l’entretien, quand il fallait encore que je fasse plus journaliste qu’escort stripteaseuse? Je ne le saurais jamais.

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Soupe à la tomate. Sans vergogne!

Pour deux trois bols

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  • 1 gros oignon
  • 3 belles gousses d’ail
  • 1 piment et ses graines (ou pas si vous êtes douillet des papilles)
  • 8 grosses tomates (Ici un mix de belles tomates jaunes et rouges ultra-mûres)
  • 3 cs d’huile d’olive
  • une à deux belles pincées de sel, un peu de poivre
  • 1 cs de sucre
  • environ 3 verres d’eau
  • une poignée de basilic

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Dans une casserole, faire chauffer l’huile d’olive, et les piments ciselés et leur graines. Ajouter l’oignon et l’ail émincés, le sucre et le sel. Ajouter les tomates en cubes. Moi je mets tout. La peau, les pépins, la totale. Mais les puristes hurleront. Mettez des boules quies et poursuivez. Commencer par mettre le feu à fond pendant deux trois minutes et baisser pour laisser cuire une petite heure. Poivrer, verser les verres d’eau, ajouter le basilic et mixer ultra finement. Après, vous pouvez passer le tout au chinois, si vous craignez les petites peaux. Moi pas. J’y vais, j’ai pas peur, la neige est même pas molle.

Servie avec un grill cheese, c’est toujours un peu la fête.

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