Le four, le moulin, le taco… dans le désordre

Un taco de poisson au maïs grillé, pour retenir l’été…
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C’est pas facile-facile d’être à la fois au four et au moulin. Ces jours, je cours après le temps comme une poule sans tête. Le but s’éloigne, vire à gauche, puis à droite: difficile de garder le regard rivé sur un objectif fixe.

La nuit, ce n’est guère mieux. Je revis mes journées en version accélérée et j’y ajoute les suivantes. Mes rêves sont des listes, peuplés de métaphores et d’images, de symboles étranges. Inutile de vous dire que je suis donc assez peu efficace…

Si peu efficace que mon blog est quasi dormant et que je multiplie les marieries dont j’ai le secret.

L’une des dernières en date?

L’épisode de la station service.

Il était une fois un vendredi après-midi, point final d’une semaine interminable. Il fait chaud et puis frais, tiède et puis torride. Le soleil tape sur la vitre de la voiture. Sur l’autoroute, on joue de l’accordéon. Il nous faut plus d’une heure trente pour rentrer d’une interview à Cologny. Je largue mon collègue à la gare. Je me réjouis de rentrer. Je rêve d’un pic nic les pieds dans l’eau, d’un apéro à l’ombre. Il faut encore juste faire le plein. Le week end est à portée de main.

Ding, ding, fait la jauge. Je cherche une station BP. Je ne vois que des Shell… J’entends Alanis Morissette chantonner dans ma tête. J’arrive enfin. Hop, le plein. Je vais payer. Me trompe de code. Retourne à la voiture pour chercher le code de la nouvelle carte de cette satanée voiture d’entreprise. Et soudain, c’est le drame flash. Sur la clé de la voiture, sur le pare-soleil, sur le tableau de bord: partout, en lettres majuscules, couleur néon jaune, c’est écrit diesel. DIESEL. Six lettres spéciales bécasse. Et pourtant, je me revois distinctement, avec un petit effet ralenti, zoom arrière sur le décor, gros plan sur le pistolet vert, verser jusqu’à la dernière goutte du précieux or noir, de l’essence sans plomb. SANS PLOMB. C’était écrit. Maintenant, c’est trop tard. J’entends mon coeur battre dans mes oreilles.

J’en ai pleuré. Une réaction d’adulte, empreinte de maturité. L’effet fut immédiat. Cinq ouvriers, qui finissaient là leur semaine sans doute encore plus harassante que la mienne, sont venus checker qui avait bien pu tuer la maman de bambi. Regard soucieux, tape-tape dans le dos, plein de compassion. « Faut pas pleurer mamoiselle, ça arrive tout le temps » me répétaient-ils en boucle. J’ai donc pleuré encore un peu, parce que c’était décidément trop la honte de pleurer en public pour un truc aussi ridicule. Les gars avaient tous un cousin qui pouvait siphonner. Ça m’a presque fait rire. Je suis allée me planquer dans la voiture, pour appeler mon collègue, responsable de ces satanées voitures d’entreprise. Je ne me suis même pas fait gronder. Encore un coup de la maman de bambi sans doute. J’ai posé la voiture sur une place de parc, embarqué dans un TAXI UBER, et fini mon vendredi, assise avec une bière dans le Léman, à noyer mon incompétence dans le malt et le houblon. Mon collègue a passé son samedi à appeler et à attendre un camion pour remorquer la voiture jusqu’au garage pour qu’un expert vide le réservoir.

The end.

Vu mon état, voici donc une recette inratable. Promis. Evitez juste le sans plomb.

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TACO DE POISSON AU MAÏS

pour env. 4 personnes

  • 2-3 épis de maïs
  • 3 filets de cabillaud
  • 8 coques de tacos ou 4 tortillas de maïs
  • 1 cs d’huile d’olive
  • 2 citrons verts
  • 1 cs de poudre de chili
  • 1 cc de poivre cayenne
  • 1 cc de sel d’ail
  • 2 avocats
  • 2 oignons verts
  • 1 pomme verte
  • 20 g. de beurre
  • Un peu d’huile pour faire griller le poisson
  • sel et poivre
  • 1 pot de crème aigre

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Préparer la marinade du poisson. Grater le zeste des deux citrons verts et presser le jus d’un. Ajouter l’huile d’olive et les épices, cayenne, chili, ail. Mettre les filets de cabillaud à mariner 30 minutes. Avaler une rasade de tequila.

Préchauffer le four à 200°C, beurrer les épis de maïs et les enfourner sur une plaque de cuisson pour 35-40 minutes. Retourner à mi-cuisson. Sortir du four, saler et poivrer. Laisser tiédir avant de couper les grains, le long de l’épi. Vous pouvez aussi faire les épis de maïs au barbecue, hein, pour retenir l’été!

Chauffer un peu d’huile dans une poële et griller le poisson 3-4 minutes sur chaque face, saler, poivrer et réserver. Eventuellement, s’envoyer une deuxième rasade de tequila.

Couper l’oignon en rondelles, l’avocat en tranches et la pomme, évidée, en mini-cubes. Citronner les deux derniers, le vert est plus sexy que le brun.

Présenter tous les ingrédients dans des bols et laisser les convives dresser leurs tacos (faut bien qu’ils bossent un peu): Un peu d’avocat, quelques morceaux de poisson grillé, des grains de maïs, des mini-cubes de pommes, une tombée d’oignons, un rien de crème aigre, quelques rondelles de piment ou les gouttes d’une bouteille de sauce forte et le jus du lime restant!

Hips!

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2 réflexions sur “Le four, le moulin, le taco… dans le désordre

  1. Pauvre un vendredi mais le weekend suivi donc relâche.
    C’est des situations comme c’est là, ou tu te mets dans un coin et puis envie d’en sortir.
    Je comprends et j’appréhende le jour où… Si il y a un Où…. Ça m’arriverais ….
    Juste sans plomb 😉😃
    Merci pour ta bonne humeur

    • Merci Cindy 🙂
      Je me dis que c’est un blog d’utilité publique et donc, avec un peu de chance, après avoir lu mes folles et invraisemblables aventures, cela ne t’arriveras pas!!!

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