Les fabuleuses aventures de François les papilles au Japon, chapitre 8

Nippon Pon Pon 8

BDfrançois2010

Best Off du pire

Il est d’usage dans le genre « Chroniques gastronomiques en pays lointain » de dresser un véritable panégyrique de la cuisine exotique dont on est sensé avoir fait le tour en quatre semaines. Histoire de bien faire sentir aux lecteurs combien il a eu tort de rester chez lui. On décrit par le menu tous les délices auxquels il n’a pas eu droit, on le fait baver d’envie et on s’attire des commentaires envieux. En réalité, même en choisissant soigneusement les lieux où l’on fait halte pour se goberger, il arrive plus ou moins fréquemment que l’on mange mal en voyage. Voici donc un florilège en ce sens.

A Miyazaki, j’ai goûté le Jidori, un poulet local apprécié, paraît-il, des lieux à la ronde. Il m’est arrivé sous la forme d’une cuisse grasse, brûlée à la flamme, mal cuite et dure, accompagnée de deux lichettes de concombre au sel. J’ai roté le brûlé toute la soirée et il m’a fallu une cargaison de cure dents pour me débarrasser des funestes restes de ce piteux repas. Ça s’appelle Maruman Honten et c’est recommandé par le Lonely Planet. Comme quoi on ne peut pas demander à des Australiens des conseils en matière de gastronomie. Pardon Marie…, je connais tes accointances coupables avec ce continent. Le Guide du Routard, en voyage, est généralement de meilleur conseil (Ach…, la France, pays de la bonne chère …), mais il ne s’intéresse qu’à Kyoto et Tokyo.

 

Toujours à Miyasaki, décidément une ville où, non seulement il n’y a rien a voir en dehors d’un beau temple Shintô tout en bois au nord de la ville, mais où la gastronomie n’est pas à la fête, j’ai dégusté une autre « spécialité » locale, le chikin nanban, toujours du poulet, mais pané et aigre-doux accompagné d’une sauce tartare, d’une salade de choux et de riz.

IMG_0086Et celà dans le lieu même où fut inventé le plat, il y a cinquante ans. Que dire…, sinon qu’il y a eu des inventions beaucoup plus utiles à l’humanité. Non que soit détestable cette version kitsch du chicken nugget dans laquelle s’étaient glissée par mégarde une touffe de spaghettis à la tomate totalement incongrue. Mais elle n’aurait tout simplement pas dû naître. Une fois de plus, dear Mary, les Aussies ont fait fort…  (tiens, je pensais que le correcteur automatique allait encore faire des siennes et me marquer: « les saucisses sont un peu fortes »)

 

 

 

 

Entre Miyasaki et Izumi (ma plus grosse étape: 130 km), j’ai mangé vers 13 h dans un resto dont je n’ai même pas noté le nom. La pitance fut tout à fait correcte, des nouilles au bouillon, mais c’est le décor qui m’a laissé un souvenir mitigé.

IMG_0087Car on mange entouré d’aquariums de différentes formes où nagent ceux qui sont sensés finir dans votre assiette: calamars, poissons, homards… Comme ça on est sûr que la nourriture est fraîche et l’on peut même avoir ses préférences. « Ouais, dis-donc, vises un peu ce calamar aux yeux bruns, il m’a l’air bien vigousse et les tentacules sacrément dodues. Je crois que je vais me le faire en sashimi ». Bref, on a beau ne pas être Mathieu Ricard ou un simple défenseur de la cause animale et même pas végétarien de surcroît, je dois avouer que ça coupe un peu l’appétit. Même si je n’avais pas de poisson dans mes nouilles… Alors je sais. D’aucuns diront: « Mais ils ont un système nerveux à peine développé, ça leur fait rien quand on les tue…(c’est ce que l’on disait des nourrissons il y a cinquante ans pour justifier des traitements douloureux sans anesthésie) ». D’autres diront:  » Tu manges des êtres vivants, t’as qu’à assumer de les voir tels qu’ils sont avant qu’ils finissent dans ton assiette ». Bref, le débat est ouvert…

 

 

 

 

 

Un dernier conseil. Si de passage au pays des Nippons vous découvrez un jour sur votre plateau repas (en général au petit-déjeuner) une banale pochette de cellophane contenant ce que vous pourriez prendre par mégarde pour un biscuit et marquée du sigle figurant sur la photo vis à vis, ne l’ouvrez surtout pas.

IMG_0095Et même, par précaution, sortez de la pièce où se trouve l’objet et courrez vous réfugier chez Mac Donald. Ce que contient cette pochette de cellophane, c’est du natto. Un truc que les Japonais auraient dû balancer sur les navires de la flotte américaine au lieu de malheureux kamikazes… Des haricots de soja fermenté dont la simple odeur auraient fait fuir un bataillon de marines surentrainés. Pour vous faire une idée de la chose, laisser traîner pendant tout un été un camembert au fonds de votre sac de montagne, sortez le le lundi du jeûne et déguster… Le durian indonésien, à côté, c’est du Chanel No 5. Même certains Japonais n’arrivent pas à en manger. C’est vous dire… Et le plus drôle dans tout celà, c’est que je n’en ai jamais mangé moi non plus. J’ai ouvert une fois une pochette et, revenu de ma syncope, j’ai juré de ne plus jamais ouvrir un paquet sans vérifier que le terrible sigle n’y figurait pas…

 

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Une réflexion sur “Les fabuleuses aventures de François les papilles au Japon, chapitre 8

  1. I couldn’t resist commenting. Exceptionally well written!|

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