Les fabuleuses aventures de François les Papilles au Japon, chapitre 5

Nipon Pon Pon 5

BDfrançois2010

Kombini

18h46, Minamikyushu City, au sud du sud du Japon. Assis au fond d’une large banquette en moleskine beige qui me colle un peu aux cuisses, je digère béatement. En fond sonore, des hurlements de gamins surexcités qui me font penser qu’ici, comme en Italie, l’enfant est roi et peut mettre à sac un restaurant sans que ses géniteurs lèvent un œil de leur assiette. Des cris qui m’empêchent de profiter pleinement d’une version sirupeuse à souhait de Lily Marlène interprétée par un quatuor de musique d’ambiance neurasthénique. Je suis chez Joyfull, une chaîne de restaurant que j’avais déjà testée l’an dernier sur Shikoku avec mon ami Rodrigo. C’est le temple de la junkfood. Mon menu: une salade verte agrémentée de lardons et de parmesan, suivie du plat le plus cher de la carte composé de morceaux de bœuf grillés, d’un steak de bœuf haché nappé de sauce tomate, d’une poitrine de poulet bien grasse, de quelques pommes de terre et grains de maïs, d’un bol de riz et de la traditionnelle soupe miso. Total des calories aimablement précisé sur la carte: 1191 kcal. Auxquelles, il faudrait ajouter ma chope de Suntory Premium Malt’s: 142 kcal. Bière que je n’ai eu le droit de consommer qu’en précisant à la serveuse inquisitrice que je n’étais pas en voiture mais en bicyclette. Ce sur quoi elle m’a assuré que je pouvais tout à fait boire plus que de raison si l’envie m’en prenait. Non, en fait, c’est moi qui extrapole….

 

L’autre avantage de se déplacer en vélo, c’est que l’on est amené à multiplier les encas tout au long de la journée et de la route sans crainte de grossir. Moi, qui, en temps normal, me ferait hara-kiri séance tenante, si l’on me forçait à manger ne serait-ce qu’un MM’s entre deux repas, quel menteur (note de Hungry Pipelette. Je suis sa voisine de bureau, et je peux vous dire qu’il mange des chocolats entre les repas) je mange à tous les râteliers qui se présentent sur mon chemin. Je suis donc devenu un expert es’ Kombini (en anglais, convenient store), je veux parler de ces chaînes de supérettes qui, comme aux USA, sont ouvertes 24h sur 24. Ici, il existe cinq ou six enseignes différentes : 7 eleven (comme aux States), Lawson’s, Family Mart, EveryOne….

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J’ai une nette préférence pour cette dernière chaîne qui a l’avantage de proposer un extraordinaire rayon de pâtisseries et d’encas salés assez rigolos, genre imitations de pizzas ou de hamburgers et un jus de mangue pulpeux à souhait.

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Cela dit, je m’arrête en général dans celles, assez rares, qui mettent un banc à disposition de leur clientèle devant le magasin. On n’est pas des bêtes quand même… J’en profite pour en griller une, ce qui, au Japon, ne va pas de soi lorsqu’on se trouve à l’extérieur. Car si les bistrots, restaurants et hôtels où l’on peut fumer sont légion, tirer sur sa clope à l’extérieur, en ville, est prohibé sauf dans certains endroits équipés d’un cendrier géant et ceinturés de panneaux informant de la toxicité de la fumée passive. Et donc, on trouve des coins fumeurs devant les Kombini…, ainsi que des poubelles. Ce qui est bien pratique dans un pays où on en voit nulle part, sauf, justement, à l’entrée des Kombini. Enfin, c’est également dans les Kombini que l’on trouve des distributeurs d’argent utilisables avec une bonne vieille carte de crédit. Bref, s’il y avait des autocollants I ❤️ Kombini j’en collerais volontiers un sur mon garde-boue!

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Mais aujourd’hui, sur la péninsule que j’ai longée, pas un Kombini en vue. Je me suis donc arrêté dans un village portuaire dont une échoppe laissait échapper des effluves appétissantes. Et je suis tombé sur un petit fabricants de gâteaux artisanaux dont j’ai dégusté quatre créations sur la jetée en béton du port. C’était tellement bon, pas trop sucré et plein de surprises à l’intérieur, que ce n’est qu’une fois ces douceurs englouties que je me suis dit: merde, je n’ai pas fait de photos pour Hungry Pipelette. Mais Marie ne m’en voudra pas car elle aura droit à mon retour à une somptueuse boîte de castella, la spécialité de Nagasaki, une génoise d’origine portugaise vantée dans tous les guides de tourisme. Ce qui n’est pas forcément une référence… CHIC!!!

La petite note philosophique pour finir. Dans les onsens (bains thermaux) où je m’arrête volontiers pour me décrasser et décontracter mes guiboles dans l’eau chaude, j’ai l’occasion de voir tous un tas de Japonais à poil(s). Des hommes uniquement puisque les américains pudibonds ont interdit les bains mixtes, qui étaient la norme, après la guerre. Je vois ainsi de nombreuses personnes âgées dans le plus simple appareil ce qui est inhabituel chez nous où, à moins de s’occuper intimement de personnes âgées. On vit dans une société où le corps nu des vieillards n’est jamais visible. La nudité, en Occident, ne s’étale que dans la pub ou le porno et n’a pour objet que des corps jeunes et attractifs. Pas de fesses fripées et décharnées, de ventres proéminents, de poitrines éthiques et de sexes ratatinés. On ne voit pas les corps vieillir, se dissoudre peu à peu, et la mort s’approcher.

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