Les fabuleuses aventures François les Papilles au Japon, chapitre 4

Nippon, pon, pon 4

BDfrançois2010

HottoMotto

Lorsque l’on voyage à vélo, seul, et dans un pays où l’on ne risque pas de faire des rencontres inoubliables à chaque coin de rue du fait que les autochtones parlent une langue très, très éloignée de la vôtre, on regarde beaucoup et on pense beaucoup. Et on fait parfois des rapprochements complètement tirés par les cheveux (une expression que je chéris tout particulièrement…) mais qui s’impose comme une évidence à mesure que l’on tourne les pédales. Prenez par exemple les cimetières japonais: ici, chaque village à son cimetière, en général au milieu du hameau ou le surplombant légèrement, souvent dans le champs attenant à l’habitation, dans une promiscuité avec les vivants qui ne laisse pas d’étonner. Prenez ensuite les toilettes, ou, plus précisément, entrons dedans pour examiner la cuvette des wc (là, Hungry Pipelette devient verte et se dit: il m’aura tout fait…). Et bien si c’est une cuvette de wc japonaise que vous avez sous les yeux (pas celles dont tout le monde parle avec la lunette chauffante, le petit jet réglable pour vous nettoyer le fondement et les enregistrements de vagues rugissantes masquant vos propres bruits de défécation), et si c’est la première fois que vous avez à faire à l’engin, vous allez certainement l’utiliser à l’envers au risque de vous casser la gueule. Car si cela ressemble à des toilettes à la turque, la cuvette est néanmoins de forme allongée et équipée d’une sorte de replat afin que vous puissiez déposer votre offrande sur la blanche céramique, la tête en gros à hauteur du trou. Ainsi, avant de tirer la chasse, vous aurez tout loisir d’examiner le fruit de vos entrailles et d’en tirer de passionnants enseignements sur l’état de votre système digestif (très important en voyage surtout si on est sur une selle 5 à 6 heures par jour…, j’ai pas dit a la selle….). Mais me direz-vous quel rapport avec les cimetières susmentionnés? Et bien simplement que les Japonais, contrairement aux occidentaux, ne craignent pas la mort de la chair. Que ce soit la leur ou celle qu’ils ingèrent. Ou autrement dit: mourir, c’est la merde, mais pourquoi cacher cela?

Bien, il est temps de passer à table. L’autre soir, j’ai campé au bord de la mer après avoir décliné l’offre de l’hôtel où j’étais passé me récurer (ici les hôtels ont souvent des bains thermaux ouverts au public) de manger dans leur restaurant (appliquant cette fois-ci un autre de mes principes : ne jamais manger dans un restaurant d’hôtel même si on vous offre le repas…). Et j’en ai profité pour tester HottoMotto, une chaîne de restauration à l’emporter. Ça ressemble beaucoup à la pub jointe en photo sauf que mes serveuses étaient un tantinet plus enveloppées et nettement moins avenantes et toutes équipées d’un masque chirurgical.

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C’est rassurant sur l’hygiène de la maison, mais, en entrant, je me suis demandé si ce n’était pas un cabinet de dentiste. J’ai commandé la spécialité de la maison qui figurait sur un poster facile à indiquer du doigt.

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En réponse, j’ai cru discerner de larges sourires derrière les masques chirurgicaux et reçu une avalanche de compliments sur la justesse de mon choix. Enfin, je crois… En tout cas, en cuisine, ce fut un vrai branle bas de combat et elle se sont mises au moins à trois pour préparer ma commande. Je pense qu’elles m’ont pris, soit pour Bruce Willis dont je possède le physique avantageux, soit pour Knut Schwander, mon distingué ami et néanmoins critique du Gault Millau.

Le fait est qu’une demi heure plus tard, j’étais sur la plage (déserte) avec mon plat de HottoMotto, une canette de Kirin (bière locale) et un flacon de saké pour faire passer le tout. Le plat en question, d’influence chinoise évidente, était plein de nouilles, de légumes et viande, un honnête rata magnifié par cet œuf mollet scotché sur le couvercle et qu’il s’agissait de casser soi même sur le plat pour en sublimer l’onctuosité. Donc, HottoMotto est hautement recommandable si vous êtes perdus au Japon après 20h (les restaurants ferment tôt) et l’œuf mollet est l’ami du cycliste qui doit justement les bichonner…, ses mollets.

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