USA des aventures en paquets XXL

Tomates-Yoghourt-Betteraves-Carottes: improbable mais bon

Chère lectrice, cher lecteur,

Que dire, que dire… je suis partie voilà pile dix jours mais j’ai la bizarre impression d’avoir déjà passé près de deux mois à Bellevue (une voisine mammouth de Seattle). Et il faut le prendre comme un compliment, hein, que personne ne se vexe.

J’adore être ici: vivre ici, respirer l’air d’ici, entendre l’accent d’ici. Ecouter le ricanement moqueur des grosses mouettes qui tournoient au-dessus de ma tête, me moquer (gentiment) des grosses mouettes en short et chaussettes dans leur teva à scratch, être moi-même la proie des moqueries, grosse mouette, sans short mais en robe, perdue sur le pont d’une autoroute à 5 voies. (Une sombre histoire d’erreur d’arrêt de bus, une légère confusion entre la droite et la gauche, à peine une minute d’inattention au moment d’écouter le chinois porteur de bagues dentaires qui me décrit toute sa vie d’immigré. Bref. Ma vie…)

Ici tout est awesome, amazing, gorgeous, totally incredible!

Pas de demi-mesure de ce côté de l’Atlantique. Et j’adoooore ça. La tiédeur c’est no no no!

L’autre jour, chancelante mais heureuse, sur une stand up paddle au milieu de l’eau noire du lac Cavanaugh, j’ai pointé du doigt une particularité du paysage à Erin (la copine de Ticki, le petit cousin twice removed de ma maman Corinne. Genre accroche-toi, l’arbre généalogique de mes liens avec cette famille ricaine comporte des branches plus ou moins solides mais des racines indéfectibles). De l’index, j’ai désigné une colline recouverte de forêt d’où un immense pin dépassait tous les autres. Gigantesque et solitaire, il attirait le regard et en le contemplant, on ne savait pas trop s’il inspirait l’admiration ou la pitié d’être ainsi seul dans le vent. Je pointe mon doigt et Erin me dit: « yeah (avec l’accent please) I have never in my whole life seen anything that funny. It cracks me up every time ».

Bon en gros, vous avez envie de vous dire que si cette femme de 50 ans n’a jamais, de sa vie entière, rien vu d’aussi drôle, elle ne doit pas sortir souvent. Et pourtant si! Cet humour là, cette façon de redécouvrir les choses à neuf, comme si vous ne les aviez pas vécues ou surpassées par millier, c’est ça, moi, qui me « cracks up », m’éclate, à chaque fois.

Dans le genre, durant les cours de food styling et food photography que je suis quelques jours durant ces trois semaines, la photographe Aran Goyoaga (http://www.cannellevanille.com/) m’a demandé quelles recettes je voulais exécuter avec elle. A froid, à 9h00 du matin, je n’en avais fichtre aucune idée. La voilà donc qui me sort quatre carottes violettes, deux petites tomates, trois mini betteraves et un pot de yoghourt. Vous parlez d’un festin. Bref, j’avais l’enthousiasmomètre à moins deux degré farenheit. Sans se démonter, elle a préparé ce plat tout simple et hautement photogénique, puis à assorti le résultat, d’un « it’s the best ».

Je crois que telle est la voie, (hein Mélanie Blanc: http://lessisreallymore.blogspot.ch/): un peu de simplicité, yes, mais surtout une capacité à ne douter de rien et à se réjouir comme si c’était à la fois la première et la dernière fois.

J’arrête avec ma minute Hallmark (ces cartes aux slogans bien sentis que je scrute comme une addict à chaque visite aux Etats-Unis). Voici la recette en gros hein, parce que oui, c’était the best!

photo 1 (49)

 

Betteraves, carottes, tomates et yoghourt (le meilleur titre de l’ouest: autocongratulation joviale)

Pour 2

Pensez à assortir les couleurs en fonction de ce que vous trouvez sur le marché…

  • 8 petites tomates cerises (noires si vous trouvez, variez les couleurs si vous ne trouvez pas)
  • 4 ou 6 mini betteraves (en fonction de leur taille)
  • 8 carottes nouvelles fines. (carottes violettes c’est mieux, oranges ça le fait aussi)
  • Un pot de yoghourt grec (riche donc)
  • De la très bonne huile d’olive
  • Du vinaigre balsamic
  • De la fleur de sel
  • Du poivre parfumé
  • Quelques fleurs comestibles pour la déco (bleuet ou violettes par exemples, capucines si vous restez dans l’orange)

photo 4 (16)

Préchauffer le four à 200°C. Frotter les carottes sans les peler. Les couper en deux. Dans un plat allant au four, verser un filet d’huile d’olive, disposer les carottes. Emballer les betteraves avec leur peau individuellement dans une papillotte d’aluminium. Enfourner le tout pour 40-45 minutes. Les légumes doivent être confit, soit tendres. La cuisson dépend donc de leur taille.

A la sortie du four (les carottes seront sans doute cuites avant les betteraves), mouiller les carottes d’un filet de vinaigre balsamic, saler et poivrer.

Laisser reposer quelques minutes les betteraves. Défaire les papillotes et peler les betteraves. Trancher en quartier de tailles différentes.

Laver les tomates cerises. En couper la moitié en deux, le reste en quatre.

photo 3 (26)

Au fond d’une jolie assiette creuse, dessiner une généreuse virgule de yoghourt grec. Alterner les légumes desssus. Verser un filet d’huile d’olive. Laisser tomber quelques gouttes de l’huile de cuisson des carottes. Saler, poivrer, parsemer de fleurs et servir avec du super bon pain de campagne grillé.

photo 5 (6)

The End

La suite, au prochain épisode. La semaine prochaine, je participe à la International Food Bloggers Conference de Seattle. 600 participants qui vont blablater sur comment parler de nourriture et commenter chacune de leur bouchées: ça promet!

ifbc2014_300x250

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s